Jamie Stephen - Directeur général, Division Liftow de l'Ouest de l'OntarioBeaucoup de gestionnaires rencontrent des difficultés lorsque, pour répondre aux besoins d’opérations effectuées dans un environnement de travail très actif, en rotation ou exigeant, ils achètent du matériel de manutention par l’intermédiaire d’un processus de budgétisation des immobilisations. Un nombre important de départements, notamment le service commercial, le département de commercialisation, de la production, de la santé et de la sécurité en milieu de travail, de la distribution, des installations, de la recherche et du développement, et des technologies de l’information rivalisent au sein même de l’entreprise pour obtenir une partie des liquidités disponibles dans l’espoir d’acheter du matériel.
La haute direction ainsi que les départements des finances et d’ingénierie pensent souvent que, grâce à un programme d’entretien préventif éprouvé, un équipement de manutention peut être entretenu, indéfiniment.
Le fait est que ce genre d’équipement a bel et bien une date limite d’utilisation ou, en d’autres termes, un seuil de rentabilité, lequel doit être établi, avant de l’atteindre.
Cependant, l’environnement, l’utilisation, les habitudes de conduite ainsi que les pratiques d’entretien sont des facteurs qui entrent en ligne de compte et qui conditionnent la durée d’utilisation optimale de l’équipement. Pour mieux comprendre comment ces facteurs influent sur l’équipement, nous allons tous les passer en revue.

Environnement

Les facteurs environnementaux suivants font que l’équipement devra être remplacé beaucoup plus rapidement et, très certainement, avant qu’une entreprise n’ait pu l’amortir :

  • Les substances corrosives telles que la saumure, les engrais ou les produits utilisés pour transformer la viande entraînent la défaillance prématurée des composantes;
  • Les particules atmosphériques telles que les poussières, le pollen, les fibres et les bourres causent une usure prématurée des composantes du moteur;
  • L’utilisation extérieure sur des chantiers dont les surfaces sont inégales, difficiles, peut, de manière précoce, dégrader les composantes du mât et de la direction, voire les faire défaillir;
  • Les gros ouvrages industriels tels que le déplacement de gros conteneurs d’expédition sont à l’origine des torsions et de la fatigue du mât;
  • Les vieux sols morcelés ébranlent la direction, le cadre et le mât, mais aussi ils sont la cause de leur éventuelle fatigue.

Utilisation

Un équipement utilisé fréquemment plusieurs heures par jour s’usera beaucoup par rapport à un qui le sera moins. La chaleur, le freinage par inversion de phase (changer de sens de déplacement sans utiliser les freins) et les tâches immodérées effectuées sur des quais de chargement ou de déchargement ébranleront et useront les composantes. Une entreprise qui se sert d’un équipement pendant une bonne partie de la journée court le risque de subir un temps d’arrêt en l’utilisant, mais aussi de connaître des défaillances, plus tôt que prévu.

Habitudes de conduite

Chaque cariste est unique. Des habitudes de conduite médiocres peuvent endommager l’équipement, débouchant ainsi sur des réparations et des temps d’arrêt dispendieux.

  • Chaque cariste est unique. Des habitudes de conduite médiocres peuvent endommager l’équipement, débouchant ainsi sur des réparations et des temps d’arrêt dispendieux.
  • Une surveillance insuffisante du cariste ou un manque de responsabilité de la part de celui-ci impose un lourd fardeau financier et opérationnel à votre budget d’équipement de manutention. Les avertisseurs de chocs ainsi que les autres dispositifs ayant un rapport avec la responsabilité et l’emplacement de l’équipement peuvent vous aider à maîtriser ces coûts.

Pratiques d’entretien

Grâce à de bonnes pratiques d’entretien encadrées par un programme de mesure de la performance, les travailleurs peuvent déterminer lorsque la réparation et le remplacement de l’équipement sont nécessaires et, probablement, retarder ces nécessités. Il semble évident que de mauvaises pratiques d’entretien et un manque de suivi se répercuteront beaucoup plus rapidement sur les entreprises sous forme de temps d’arrêt imprévus et de coûts de réparations considérables.

Remplacement de flotte économique

Remplacer de l’équipement en temps et en heure est naturellement toujours souhaitable. Jetons un œil à quelques scénarios qui se produisent en général lorsqu’un équipement, utilisé dans des installations où les cycles de travail sont élevés, n’est pas remplacé lorsqu’il devrait l’être.

Scénario 1
Au cas où l’argent ne pourrait pas être obtenu, plusieurs années de suite, à partir du budget d’immobilisations et que la flotte ne serait pas actualisée :

  • Les budgets de fonctionnement doivent être augmentés afin de s’adapter à l’augmentation des coûts de réparation et aux frais de location à court terme;
  • L’argent investi annuellement dans les réparations pourrait dépasser la valeur même de l’équipement en train d’être réparé.


Scénario 2
Le budget d’immobilisations est utilisé pour acheter du nouvel équipement, mais les anciens modèles sont conservés. Les conséquences sont :

  • La taille de la flotte augmente;
  • Le budget de réparation nécessaire pour entretenir le vieil équipement devient plus important;
  • Il devient nécessaire de louer de l’équipement à court terme en raison du temps d’arrêt des vieux modèles.

La durée de vie économique d’un équipement de manutention est similaire à celle des véhicules de livraison ou des tracteurs routiers. Le tableau 1 illustre divers cycles de service d’équipements, lesquels sont alimentés par des moteurs à combustion interne ainsi que par des batteries, mais aussi montre lorsqu’il est nécessaire de remplacer ces équipements en fonction de leur utilisation.

Tableau-1

Au cas où l’équipement serait utilisé au-delà de son cycle de vie économique, cela rendra son utilisation inappropriée. Les répercussions sur l’entreprise seront les suivantes :

  • Les coûts de réparation augmentent;
  • L’entreprise doit investir inutilement dans des réparations;
  • L’entreprise connaît des temps d’arrêt et des coûts de main-d’œuvre excessifs;
  • Le mât, la direction et les éléments structurels peuvent éventuellement défaillir, de manière catastrophique.

Prenez en considération que le fait d’utiliser un chariot élévateur pendant 10 000 heures équivaut à faire 300 000 km avec une voiture.

Les solutions

Les équipements de manutention tels que les tracteurs routiers, les véhicules de service et de livraison se déprécient rapidement, surtout lorsqu’ils sont utilisés dans un environnement de travail en rotation exigeant. Les niveaux de dépréciation annuels admissibles n’arrivent pas à rester en phase avec l’actuel cycle de vie économique de l’équipement.
Lorsqu’il n’existe aucune option pour acquérir ou posséder l’équipement à la fin du terme, les frais liés à l’utilisation d’un équipement loué à long terme ou financé par crédit-bail peuvent être radiés intégralement comme frais d’exploitation. À l’échéance du terme, vous aurez la possibilité de prolonger, de renouveler ou de mettre fin au contrat.

Les principaux avantages des locations à long terme sont :

  • Flexibilité optimale;
  • Temps de fonctionnement optimal;
  • Aucun investissement de capitaux;
  • Utilisation des flux de trésorerie pour investir dans la production;
  • Frais d’exploitation à long terme fixes et prévisibles;
  • Réduction au minimum des frais administratifs;
  • Accent placé sur l’activité principale;
  • Équipement sécuritaire et moderne;
  • Flotte plus petite.

Acheter de l’équipement par l’intermédiaire d’un processus de budgétisation des immobilisations

Si la philosophie de l’entreprise et la situation quant aux liquidités disponibles permettent d’acheter de l’équipement en utilisant des fonds d’immobilisation, ces achats ne devraient pas être effectués de manière ad hoc. L’objectif doit être de remplacer l’équipement en s’appuyant sur un système structuré, lorsque l’équipement atteint sa date de remplacement optimale. D’un point de vue économique, la clé pour mener cette tâche à bon terme est de recueillir toutes les données pertinentes relatives au rendement.
La justification des coûts peut être fournie par un système de gestion de flotte qui peut être mis à votre disposition par votre fournisseur de service et d’équipement de manutention au cas où il aurait ce système à sa disposition.
Un programme de surveillance ou de gestion de flotte peut permettre d’identifier les indicateurs clés de performance relatifs à l’utilisation, au coût horaire et au retour sur investissement. Ces renseignements permettent à l’entreprise de prendre une décision éclairée en devant choisir entre le fait de réparer ou de remplacer l’équipement, lorsque des réparations considérables sont nécessaires dans le but de le préserver. Ces programmes aident aussi à identifier les problèmes au cas où, pour signaler la nécessité de réparation, des codes seraient émis, permettant de souligner les défaillances de composantes à répétition. L’avantage principal d’un tel programme dont disposent la plupart des entreprises est la fonction permettant de calculer le retour sur investissement au cas où un équipement devrait être remplacé. Ce renseignement aide les entreprises à évaluer la pertinence d’un investissement dans un nouvel équipement.
Si le retour sur investissement est supposé être réalisé en moins de deux ou trois ans, le vieil équipement a peu ou pas de valeur comptable et il a plus de 10 000 heures de service, vous devez alors sérieusement songer à le remplacer. Chaque équipement devrait être examiné individuellement lorsque le budget est élaboré pour garantir qu’une bonne décision soit prise
du point de vue commercial, en tenant compte des points énoncés ci-dessus.

Dynamique d’une flotte

Le graphique 1 fournit des renseignements provenant d’un important utilisateur d’équipement et permet de comparer le coût de réparation médian en fonction de la valeur d’un chariot élévateur, lequel a été entretenu pendant dix ans. Cet équipement a été utilisé dans un environnement de travail à deux équipes et n’a jamais été remplacé au cours de cette période de dix ans.

Veuillez noter : le coût d’entretien annuel du chariot élévateur dépasse la valeur de celui-ci après cinq ans ou, environ, 10 000 à 12 000 heures d’utilisation (non démontré par le graphique).

Graphique-1

Le graphique 2 montre le résultat d’un remplacement d’équipement effectué de manière agressive (pourcentage de la flotte remplacée chaque année : entre 17 et 20 pour cent) avec de l’équipement neuf au cours des années 2006 et 2007. Remarquez l’augmentation des frais d’exploitation au cours des années 2007 et 2008, lorsque les fonds d’immobilisation n’étaient pas accessibles en raison des piètres conditions économiques. Au cours de la période de cinq ans, les économies réalisées quant à l’entretien et à la taille de la flotte ont permis de financer le coût du nouvel équipement. Elles ont également réussi à faire augmenter le taux d’utilisation de 43 pour cent.

Graphique-2

Moteur à combustion interne versus batterie

Un autre impératif du processus d’achat d’un équipement de manutention est de déterminer le type de chariot élévateur qui répondra aux besoins de votre entreprise de la manière la plus rentable et la plus pratique qui soit.
Il existe différents types d’équipement et c’est pourquoi de nombreux facteurs sont à prendre en compte. Cependant, aux fins de cet article, nous comparerons uniquement les mérites d’un équipement à moteur à combustion interne avec ceux d’un matériel de manutention alimenté par une batterie.
Les récentes innovations faites dans le domaine de la technologie des batteries en partie grâce à la recherche et au développement de carburants de remplacement ont rendu possible la mise au point de chargeurs permettant de recharger rapidement (recharge de type d’« opportunité »), la batterie des équipements de manutention.
La recharge conventionnelle d’une batterie vous impose d’en avoir plusieurs à votre disposition afin de répondre aux exigences du travail en rotation. En général, le cycle de fonctionnement d’une batterie est identique, jour après jour : elle se décharge au cours d’un quart, doit être chargée au cours du quart suivant pour ensuite refroidir au cours de celui d’après.
Une aire est donc nécessaire dans l’installation afin d’entreposer, de transférer, de recharger et de ventiler plusieurs batteries. De plus, les employés doivent être formés et supervisés pour assurer, en toute sécurité, le transfert, la recharge, l’entretien ainsi que le raccordement de ces batteries.
Au cours des quinze dernières années, la recharge partielle a changé progressivement l’approche des choses et elle a permis d’initier les utilisateurs d’équipements alimentés par un moteur à combustion interne aux chariots élévateurs à batterie en raison de l’attrait exercé par les importantes économies de carburant ainsi que la réduction de l’empreinte carbone.
Le concept s’avère plutôt simple : au lieu de procéder à la recharge en respectant le cycle de fonctionnement conventionnel mentionné ci-dessus, vous êtes en mesure de recharger votre batterie pendant les pauses, l’heure du déjeuner ou les autres moments de relâche, du moment que ces périodes durent plus de cinq minutes.
Un chargeur « intelligent » à haute capacité communique avec un dispositif de surveillance installé sur la batterie, lequel permet de mesurer le niveau de charge, le voltage et la chaleur.
Le chargeur et le dispositif de surveillance garantissent que la batterie est toujours chargée entre 30 et 80 pour cent. Cela permet de réduire les émanations se produisant dans la tranche supérieure de 20 pour cent, mais aussi les pics de chaleur et les pointes de tension survenant dans la tranche inférieure de 30 pour cent.
Le cariste a juste besoin de raccorder la batterie au chargeur pendant les pauses ou les autres périodes de relâche, lorsque l’équipement est au repos. En fin de semaine, la batterie reste raccordée; l’égalisation de la batterie se passe le dimanche ou lorsque l’équipement est inutilisé, pendant au moins huit heures d’affilée.
Les économies peuvent être considérables dans un milieu de travail en rotation, même en tenant compte du coût, lequel est supérieur de près de 50 pour cent, d’un chariot élévateur alimenté par une batterie, avec un chargeur rapide, un dispositif de surveillance et du matériel périphérique.
En Ontario, le coût pour recharger une batterie coûte environ 2 $ par quart, tandis que, dans le cas d’une bouteille de propane, ceux utilisant intensivement l’équipement doivent débourser à peu près 20 $ par quart. Ces 18 $ d’économies par quart permettent d’épargner, annuellement et par quart de travail, 4 500 $, ce qui, en général, permet de couvrir plus qu’amplement le coût supérieur de l’investissement dans un équipement alimenté par une batterie. Au cas où votre entreprise aurait un deuxième ou un troisième quart de travail, vous pourrez alors jouir des économies de carburant.
Avant de prendre la décision d’investir dans un équipement alimenté par batterie, vous devez d’abord demander à un concessionnaire ainsi qu’à un représentant commercial en batteries et chargeurs de faire une évaluation afin de déterminer quelle est la puissance requise pour que le système corresponde parfaitement à vos besoins et à ceux de votre entreprise.
Ce genre d’équipement ne convient pas à toutes les installations et certains fournisseurs ne sont pas expérimentés pour évaluer l’intégralité des besoins et assurer un fonctionnement fiable, sans aucun problème.

Utilisation

Le coût lié à l’utilisation est bien souvent sous-estimé, particulièrement lorsqu’il s’agit de flottes et d’installations de taille importante et dans le cas où l’équipement a été acheté par l’intermédiaire d’un processus de budgétisation des immobilisations, comme nous l’avons indiqué précédemment.
Des évaluations et des révisions constantes sont nécessaires afin de pouvoir maîtriser ce coût. Songez au fait que l’équipement peu utilisé coûtera de l’argent, année après année, afin d’être entretenu, prendra de la place et congestionnera encore plus la circulation d’équipements motorisés dans votre usine.
Par exemple, si le taux d’utilisation dans votre usine est de 40 pour cent en ayant trente engins ayant à votre disposition. Ne serait-il alors par préférable d’avoir vingt chariots élévateurs avec un taux d’utilisation de 60 pour cent? Les économies pourraient vous aider à moderniser votre flotte plus rapidement et à assainir vos opérations.

En conclusion

Comme vous pouvez le voir, beaucoup de facteurs doivent être pris en compte dans le but de pouvoir gérer, de manière économique, l’acquisition et le remplacement de l’équipement. Une entreprise professionnelle de la manutention peut vous aider à recueillir les données pertinentes, les comprendre, et vous assister pour que vous puissiez préparer une analyse de rentabilité en vue de remplacer ou d’ajouter de l’équipement économiquement par l’intermédiaire d’un processus de budgétisation des immobilisations. Une autre solution consiste à louer l’équipement pendant une durée déterminée, choisissant ainsi la meilleure proposition de valeur pour votre entreprise et laissant à votre fournisseur la gestion des détails. N’oubliez pas que, au bout du compte, votre but est de réduire les temps d’arrêt, d’avoir une flotte moderne, au goût du jour, ainsi que des programmes de remplacement et de gestion de flotte économiques et pérennes pour que vous, ainsi que vos collègues, puissiez rester concentrés sur votre principale activité.

 J’espère que cet article vous a aidé à comprendre comment atteindre cet objectif.

 Jamie Stephen est le directeur général de la division de l’Ouest de l’Ontario de chez Liftow. La version originale de cet article a été écrite par Jamie Stephen et a été publiée dans le magazine 3PL Americas: Winter 2014.

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